Quelques notions simples pour aborder sereinement une balade argentique, même si vous débutez.
Les types d'appareils 120
Le 120 TLR (Twin-Lens Reflex) — Deux objectifs l'un au-dessus de l'autre : l'un pour la visée, l'autre pour la prise de vue. Vous regardez dans une vitre par le dessus (waist-level). Format carré (6×6), image stable et cadrage précis. Idéal pour prendre son temps.
Le folding (pliant) — Appareil qui se replie pour tenir en poche. Objectif qui se déplie pour photographier. Souvent en format 6×9 ou 6×6. Léger et discret, parfait pour la rue et le voyage.
Le télémétrique — Visée dans un petit viseur : deux images se superposent pour faire la mise au point. Une fois les deux images alignées, le sujet est net. En 120, le Mamiya Press en est un bon exemple : format moyen, objectifs interchangeables, idéal pour la rue et le reportage.
L'exposition : ISO, diaphragme, vitesse
ISO — La sensibilité de la pellicule à la lumière. Plus le chiffre est élevé (400, 800), plus la pellicule est sensible : on peut photographier avec moins de lumière, mais le grain augmente. En balade, 400 ISO est un bon compromis.
Diaphragme (f/2.8, f/8, f/16…) — L'ouverture du trou par où entre la lumière. Plus le chiffre est petit (f/2.8), plus il y a de lumière et plus l'arrière-plan peut être flou. Plus le chiffre est grand (f/16), moins il y a de lumière et plus la scène est nette de près jusqu'au loin.
Vitesse (1/60, 1/250…) — Le temps pendant lequel la pellicule est exposée. Vitesse lente (1/30) = plus de lumière mais risque de flou de bouger. Vitesse rapide (1/500) = moins de lumière mais sujet net même en mouvement. En dessous de 1/60 s, pensez à stabiliser l'appareil.
Les trois agissent ensemble : changer l'un oblige à ajuster les autres pour garder une exposition correcte.
Cadrage, composition et profondeur de champ
Cadrage et composition — Choisir ce qui entre dans l'image et où le placer. Règle des tiers (diviser le cadre en 3×3 et placer les sujets sur les lignes ou aux intersections), lignes directrices, équilibre des masses… L'œil se promène dans l'image ; la composition guide ce regard.
Environnement — Intégrer le contexte (rue, ombre, reflets, personnages) pour donner du sens et de l'ambiance, sans encombrer le cadre.
Profondeur de champ — Zone de netteté devant et derrière le sujet. Grande ouverture (f/2.8) = faible profondeur de champ, sujet net et fond flou. Petite ouverture (f/11, f/16) = grande profondeur de champ, premier plan et arrière-plan nets. Utile pour isoler un sujet ou pour des scènes de rue détaillées.
À savoir
Cadrage — Si le cadrage est trop large à la prise de vue, on peut le resserrer au tirage en agrandissant une partie du négatif. L’inverse n’est pas possible : on ne peut pas « ajouter » du cadre après coup.
Exposition — Une sous ou surexposition peut être en partie rattrapée : sur toute la pellicule au développement (en adaptant le temps de révélateur), sur certaines images au tirage (en jouant sur le temps d’exposition sous l’agrandisseur), et même sur certaines zones d’une même image (en masquant ou en exposant localement).
Pour conclure
Le processus photographique se compose de trois parties indissociables.
Préparer sa sortie — Choisir son sujet, son environnement, son intention. Cela détermine le type d'appareil utile et la pellicule adaptée.
Prendre les photos — La balade elle-même : la technique de prise de vue, les observations, les choix et les décisions sur le moment, les surprises, les attentes et les frustrations.
La post-production — Le développement, le tirage ou la numérisation, avec tout le travail de tri et de rattrapage, de mise en valeur objective ou subjective, menant à une sélection d'images fidèles à l'intention.